À quoi ressemblera l'offre d'éclairage de demain?
Le LED reste la norme, mais le marché de l'éclairage est tout sauf statique
La LED s’est définitivement imposée sur le marché de l’éclairage, mais le secteur est loin de stagner. Les sources lumineuses gagnent encore en efficacité énergétique et en polyvalence, tandis que de nouvelles fonctionnalités font évoluer les modes de commande. Parallèlement, les luminaires s’intègrent toujours davantage à la décoration intérieure. L’offre ne cesse donc de s’élargir et les possibilités de se diversifier. Quelles sont les grandes tendances qui se dessinent actuellement dans l’éclairage et où se situent les principales opportunités?
Éclairage direct, indirect ou diffus?
Pour bien évaluer les possibilités offertes par l’éclairage, il est utile d’examiner d’abord les différentes manières dont la lumière est diffusée dans une pièce.
L'éclairage direct projette la lumière directement sur une surface ou un objet et offre un rendement lumineux élevé. Pensez par exemple à un spot au-dessus d'une table à manger ou d'un plan de travail de cuisine. Cela produit beaucoup de lumière ciblée, mais peut également générer des ombres plus marquées et un éblouissement si le luminaire n'est pas bien placé.
Dans le cas de l’éclairage indirect, la lumière est d’abord dirigée vers un plafond ou un mur, puis réfléchie dans la pièce. On obtient ainsi un éclairage plus doux et plus homogène, idéal notamment pour les salons et les chambres à coucher.
La lumière diffuse, quant à elle, est diffusée par exemple à travers du verre dépoli ou du plastique opale. Cela permet également d’obtenir une lumière douce et de limiter les ombres marquées.
Ces trois types de lumière se complètent généralement. Un bon plan d’éclairage se compose de différentes couches de lumière, ce que l’on appelle également "layered lighting". Par exemple, un éclairage dirigé est souhaitable au niveau d’un îlot de cuisine pendant la préparation des repas, tandis qu’une lumière plus douce sera sans doute préférable lors de l’apéritif.
Qu’est-ce qui détermine la qualité de la lumière?
La quantité de lumière ne raconte qu’une partie de l’histoire. La qualité de la lumière en soi est tout aussi importante. C’est en effet elle qui détermine l’ambiance d’une pièce, la façon dont les couleurs sont perçues et le niveau de confort des personnes sous cet éclairage.
Température de couleur
La température de couleur, exprimée en kelvins (K), détermine si la lumière blanche paraîtra chaude ou froide. Autour de 2.700 K, on parle de lumière blanche chaude; à 3.000 K, elle semble plus neutre et à 4.000 K, elle présente un caractère plus froid. La lumière plus chaude est souvent utilisée dans les salons et les chambres, tandis que la lumière plus neutre ou plus froide trouve plus souvent sa place dans les pièces fonctionnelles.
La quantité de lumière nécessaire dépend de la taille et de la fonction d’une pièce
Flux lumineux
Il ne faut pas confondre la température de couleur avec le flux lumineux, qui s’exprime en lumens. La quantité de lumière nécessaire dépend de la taille et de la fonction d’une pièce, ainsi que de l’activité qui s’y déroule. Un poste de travail n’a en effet pas les mêmes exigences qu’un coin salon.
Dans une cuisine ou un espace de travail, un éclairage fonctionnel suffisant est nécessaire. On y privilégie naturellement un flux lumineux plus élevé, souvent associé à une température de couleur de 3.000 K. Dans le salon, le flux lumineux peut être plus faible et on opte généralement pour une température de couleur plus chaude, d’environ 2.700 K.
Rendu des couleurs
L'indice CRI ou Ra indique la fidélité du rendu des couleurs: plus la valeur est élevée, mieux c'est. Pour les habitations, un CRI de 80 au minimum est recommandé, tandis qu'un CRI de 90 ou plus est particulièrement intéressant pour, entre autres, les magasins de vêtements et le secteur alimentaire. Chez un boucher, par exemple, l’éclairage contribue à déterminer dans quelle mesure la viande est présentée comme fraîche et appétissante.
Gradabilité
Il convient également d’être vigilant en matière d’éclairage à intensité variable. Toutes les ampoules LED ne sont pas dimmables, et l’ampoule, le driver et le variateur doivent être compatibles entre eux. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les combinaisons fonctionnent sans problème, même si tous les composants sont adaptés aux LED. Une incompatibilité peut se traduire par des scintillements, un bourdonnement, une plage de variation limitée ou un éclairage qui ne s'éteint pas complètement.
Sur certains systèmes, la température de couleur change également lors de la variation d’intensité, ce qui rend la lumière plus chaude à mesure que l’intensité lumineuse diminue.
Scintillement
Le scintillement reste un problème récurrent, y compris avec l’éclairage LED moderne, même s’il est nettement moins fréquent avec des produits de qualité. Les fluctuations de la lumière peuvent parfois être clairement visibles, mais elles peuvent aussi survenir à une fréquence suffisamment élevée pour passer presque inaperçues. Ce scintillement imperceptible n’est pourtant pas sans conséquence: il peut entraîner une fatigue oculaire et une gêne visuelle.
La LED reste en tête
La LED est de loin la technologie d'éclairage économe en énergie dominante et a pratiquement entièrement supplanté les autres sources lumineuses pour l'éclairage domestique et général. Les ampoules LED classiques, dotées par exemple d’une douille GU10, E27 ou E14, restent courantes, aux côtés des modules LED intégrés, des bandes LED et des profilés LED.
Les LED classiques permettent de produire beaucoup de lumière à partir d’une petite surface
Les technologies plus anciennes, telles que les lampes fluorescentes et les ampoules à économie d’énergie, disparaissent progressivement du marché, et ce pour de bonnes raisons. La LED allie une faible consommation d’énergie à une longue durée de vie et un rendement lumineux élevé par watt. De plus, cette technologie offre une grande variété en termes d’intensité lumineuse, de température de couleur et de design. Des fonctionnalités telles que les capteurs, le contrôle intelligent, la lumière colorée et le 'Tunable White' peuvent également être intégrées aux LED. Pour le consommateur, le choix des LED s’impose donc rapidement.
Cependant, un éclairage économe ne se limite pas à la seule source lumineuse. Un bon plan d’éclairage est tout aussi important et permet d’éviter la suréclairage, tandis que les variateurs, les capteurs et les programmateurs limitent les heures de fonctionnement inutiles. Veillez également à ce que les luminaires et les bouches d’aération restent exempts de poussière afin d’éviter toute surchauffe et de garantir une durée de vie plus longue.
Pleins feux sur la technologie
Sur le plan technique également, la technologie LED ne cesse d’évoluer. Elle gagne en efficacité, scintille moins et s’intègre dans des modules de plus en plus petits. Les luminaires peuvent ainsi devenir plus compacts sans trop perdre en rendement lumineux. Parallèlement, l’utilisateur dispose de possibilités toujours plus nombreuses pour personnaliser l’éclairage à sa guise.
Plus de contrôle sur la couleur et l’ambiance
La technologie 'Tunable White' permet d’adapter la température de couleur en fonction du moment de la journée et de l’activité. Une lumière plus neutre peut par exemple être privilégiée pendant le travail, tandis qu’une lumière plus chaude se prête davantage aux moments de détente. L’éclairage intelligent peut également être piloté via une application, une télécommande, un interrupteur sans fil ou une commande vocale. Un même système permet ainsi de régler l’intensité lumineuse, de créer différentes ambiances et de programmer des horaires.
Des systèmes tels que Casambi et DALI+ gagnent également en popularité. Ils rendent une installation d'éclairage programmable et lui permettent de communiquer avec d'autres systèmes au sein d'un bâtiment intelligent.
L’intérêt pour l’éclairage intelligent ne cesse de croître
Les capteurs apportent également leur contribution. Les détecteurs de mouvement évitent que l’éclairage reste allumé inutilement et contribuent ainsi à réduire la consommation d’énergie. Parallèlement, les luminaires gagnent en polyvalence, avec des combinaisons de lumière directe et indirecte et l’intégration de capteurs ou d’éléments acoustiques.
L’intérêt pour l’éclairage intelligent ne cesse donc de croître, en particulier dans les applications professionnelles. La compatibilité reste toutefois un point d’attention. Le Wi-Fi, le Zigbee et le Matter coexistent, et tous les produits ne fonctionnent pas automatiquement avec tous les systèmes. La portée, la nécessité éventuelle d’une passerelle et la possibilité de contrôler l’éclairage sans application jouent également un rôle dans le choix.
L'OLED reste dans l'ombre
La technologie OLED permet de créer des sources lumineuses très fines et plates. Cela rend cette technologie intéressante pour les applications décoratives où une surface lumineuse homogène est souhaitée. Pour l’éclairage général, son utilisation reste pour l’instant limitée. Aujourd’hui, l’OLED est principalement utilisé dans le secteur automobile.
De plus, la grande surface lumineuse de l’OLED s’inscrit moins bien dans la tendance vers des luminaires plus compacts. Les spots deviennent plus compacts et les points lumineux plus discrets, tandis qu’une LED classique peut offrir un rendement lumineux élevé à partir d’une petite surface. En termes de rendement lumineux, d’efficacité et de flexibilité, la LED reste donc pour l’instant la technologie la plus utilisée.
Comment évolue le design?
L'éclairage est de plus en plus considéré comme un élément à part entière de l'intérieur. On observe deux tendances distinctes: des luminaires qui se fondent le plus discrètement possible dans l'espace et des modèles affirmés, utilisés comme véritables éléments phares.
Le minimalisme reste populaire. En matière de spots, cela se traduit notamment par des tubes fins et de petits spots encastrés, dans lesquels une LED placée plus en profondeur permet de limiter l’éblouissement. À l’opposé, on trouve de plus grandes suspensions décoratives utilisées comme éléments phares. Ainsi, un éclairage indirect subtil peut se marier harmonieusement avec un luminaire remarquable servant d’accent.
Couleurs
Le noir et le blanc restent des couleurs importantes sur le plan commercial, mais ce sont surtout les teintes sable qui ont actuellement le vent en poupe. Le bronze, le laiton, le cuivre et d’autres finitions brossées restent également très présents, tandis que des teintes métalliques et aluminium plus froides refont leur apparition.
Par ailleurs, on observe depuis cette année un regain d’intérêt pour les luminaires au caractère marqué, un peu plus vintage, inspiré des années 80. Cela se traduit par exemple par des couleurs plus vives comme le jaune ou l’orange. Mais il reste à voir si cette tendance va véritablement s’imposer à grande échelle.
Matériaux
Le métal et le verre sont bien sûr des matériaux couramment utilisés, notamment le verre blanc et le verre nervuré. Par ailleurs, les matériaux naturels tels que le bois, le rotin, la céramique et l’albâtre connaissent un essor considérable.
En matière de design, les formes rondes et organiques sont très en vogue aujourd’hui. Le design « mid-century » montre également comment l’inspiration des décennies passées refait surface dans les luminaires contemporains.
L’éclairage ne prend tout son sens que lorsque le client peut le découvrir de ses propres yeux
Qu’en est-il de la présentation?
Il est difficile de vendre un luminaire uniquement à partir d’un emballage ou d’une photo. La taille réelle d’un luminaire, l’aspect des matériaux et des finitions, et surtout l’effet de la lumière sur une pièce ne deviennent évidents que lorsque le client peut découvrir le produit par lui-même.
Une bonne présentation en magasin allie donc inspiration et informations claires. Des modèles d’exposition en fonctionnement rendent l’ambiance tangible, tandis que des photos et différents agencements montrent comment un luminaire peut être mis en valeur dans un intérieur.
Une classification logique, par exemple par type ou par couleur de lumière, avec une distinction claire entre les produits dimmables et non dimmables, est utile. En effet, l’offre pléthorique constitue également un piège. Avec autant de modèles, de couleurs, de dimensions et de technologies, il est important que les clients ne perdent pas de vue l’essentiel.
Le défi ne consiste donc pas nécessairement à proposer moins de choix, mais à rendre ce choix plus clair. En posant d’abord des questions sur l’espace, l’activité et l’ambiance souhaitée, l’offre peut être rapidement affinée. Des pictogrammes clairs et quelques explications supplémentaires peuvent également aider à rendre compréhensibles des notions telles que le lumen, le kelvin, l’IRC et la gradabilité, et à comparer plus rapidement les produits. C’est précisément là que le secteur peut faire la différence.
En collaboration avec EGLO, Eltra, LEDVANCE, PSM Lighting et Signify